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Grimm's TM - Superstitions Superst. L
L. FRENCH. (1) All translations on this page from Northvegr's Grimm's Teutonic Mythology Translation Project, by Yves Kodratoff. [Comments in italics between brackets. French somewhat corrected of typing errors (19th century spelling respected).] 1. Le 24 décembre, vers les six heures du soir, chaque famille met à son feu une énorme bûche appelée souche de Noël. On défend aux enfans de s'y asseoir, parce que, leur dit-on, ils y attraperaient la gale. Le jour de la fête de la Trinité quelques personnes vont de grand matin dans la campagne, pour y voir lever trois soleils à la fois. Le 24 Juin, jour de Saint Jean, quelques personnes vont aussi sur une montagne élevée, et y attendent le lever du soleil, pour le voir danser. Les herbes et plantes médicinales, cueillies la veille de la Saint Jean, passent pour avoir plus de vertus, surtout contre certains maux. La coupe de cheveux ne doit se faire que lorsque la lune est nouvelle, sans cela les cheveux ne pourraient plus pousser. On ne doit point jeter la recoupe des cheveux sur la voie publique, les sorciers pourraient y jeter un sort. Les linges, qui ont servi au pansement des maux, ne doivent être ni brûlés ni jetés dans la rue, pour les mêmes motifs. Si quelqu'un meurt, on voile les glaces de sa chambre. Lorsqu'une personne est gravement malade, on a soin d'observer, si quelque hibou, chouette ou chat huant viennent voltiger autour de l'habitation. L'hirondelle est un oiseau d'heureux présage; aussi ne la dérange-ton jamais. Détruire son nid, c'est détruire ou atténuer les heureuses destinées, qu'on y attache en faveur de la maison. L'araignée est un signe de bonheur, et annonce particulièrement de l'argent pour la personne, sur laquelle elle est trouvée. Plus une étable est garnie de toiles d'araignées, plus elle est digne de regards de la Providence. Si une jeune taure s'égare la première fois qu'elle est mise aux champs, les Solonaises vont jeter deux liards dans la serrure, se mettent à genoux, et disent tout haut cinq pater et cinq ave, qu'elles addressent au bon saint Hubert; cette prière faite, elles sont bien sures que les loups respecteront la taure, fût-elle au milieu d'eux, et qu'ils la ramèneront même à la bergerie. Dans la nuit du jour de noël, jusqu'à midi, les chevaux, les vaches, les bœufs, les taureaux, les ânes parlent. Ces animaux se plaignent ou s'applaudissent du traitement de leurs maîtres. Ce don de la parole leur arrive seulement avant minuit sonnant, et finit à midi du jour de noël, ou plus tôt si la personne, qui les soigne, est coupable d'un péché mortel. Le même jour de noël il ne faut pas mettre paître les bêtes à corne avant midi, parceque de suite elles se battraient, et se blesseraient certainement. La veille de noël, pendant la généalogie qui se chante à la messe de minuit, tous les trésors cachés s'ouvrent. Dans la plupart des églises de campagne on fait encore aujourd'hui des offrandes de la première gerbe de froment coupée dans un champ. Ces prémices de la moisson ne reçoivent d'autres ornements qu'en paille plus ou moins façonnée. Cette gerbe est presque toujours surmontée d'une croix aussi en paille. L'usage des brandons est consacré partout les premier et second dimanche de carême. On va brûler dans les champs, ou sur les chemins vicinaux, des flambeaux formés de paille en chantant: 'Brandons, brûlez pour les filles à marier!' (2) Quand le mari met l'anneau au doigt de la mariée, il ne le porte que jusqu'à la seconde jointure. Celle-ci doit donc vite le pousser à la troisième, afin d'empêcher le maléfice des sorciers, qui n'ont que cet instant du passage de l'anneau, pour opérer la nouûre de l'aiguillette. Les mariés entendent la messe à genoux. A l'évangile on a soin de remarquer lequel des deux époux se lève le premier; on en augure que c'est lui qui sera le maître. Au moment qu'on montre le bon dieu de la messe, ceux qui se trouvent placés auprès des mariés, leur frappent trois petits coups sous les talons, avec le manche d'un couteau, pour empêcher qu'ils ne deviennent jaloux. En sortant de l'église, on conduit la mariée en face d'une image
de la vierge, auprès de laquelle est attachée une quenouille garnie de chanvre,
on la lui présente; elle file deux ou trois aiguillées, et [l']emporte
de [le> du] fil qui en est provenu, [de]cette même quenouille,
[après] qu'elle a eu soin de [l'en] garnir d'autre chanvre. Un enfant mâle qui n'a pas connu son père, a la vertu de fondre les loupes, en les touchant pendant trois matinées de suite, étant à jeun et récitant quelques prières. Le cinquième des enfans mâles venus au monde et de suite, guérit les maux de rate par le simple attouchement répété. A-t-on chez soi une poule, qui chante comme le coq, on se dépêche de la tuer ou de la vendre, dans la crainte qu'elle n'attire quelque malheur sur la maison. Est-on en voyage, si l'on rencontre dans son chemin des pies par nombre impair, c'est malheur. Quand on veut savoir, quel mari ou quelle femme on épousera, il est d'usage de se lever, le premier jour de mars, au coup de minuit et pendant que l'heure sonne. On marche trois pas en avant de son lit, en prononçant ces paroles: 'Bon jour Mars, de Mars en Mars, fais moi voir en mon dormant la femme que j'aurai en mon vivant!' On revient à son lit en marchant en arrière; on se recouche, on s'endort, on rêve, et l'homme ou la femme qui apparaissent alors, sont le futur époux. Ceux qui possèdent de mouches à miel, ont grand soin, lorsqu'il meurt quelqu'un dans la maison, d'aller d'abord annoncer à chaque ruche l'événement fâcheux, qui vient d'avoir lieu, et d'y attacher ensuite un petit morceau d'étoffe noire. Sans cela, ils périraient bientôt. La veille de Saint Jean un feu de joie est allumé dans un carrefour. Au milieu du feu on place une longue perche, qui le domine, et qui est garnie de feuillages et de fleurs. Le clergé se rend en grande pompe au lieu de la cérémonie, allume le feu, entonne quelques chants, et se retire; ensuite les assistants s'en emparent, sautent par dessus, et emportent chez eux quelques tisons, qu'ils placent sur le ciel de leur lit, comme un préservatif contre la foudre. La veille de noël, avant la messe de minuit, on place dans la cheminée de l'appartement le plus habité une bûche, la plus grosse, que l'on puisse rencontrer, et qui soit dans le cas de résister pendant trois jours dans le foyer; c'est ce qui lui a fait donner la nom de tréfué, tréfoué, trois feux. Une jeune fille qui désire savoir son futur époux, se lève avant le jour le premier mai. Elle prend un seau, qu'elle nettoie avec une branche de romarin, et s'achemine vers quelque fontaine solitaire. Rendue là, elle se met à genoux sur le bord de la fontaine, fait une prière, plante sa branche de romarin dans un buisson voisin, et remplit son seau de l'eau de la fontaine. Elle attend alors le lever du soleil. Aussitôt qu'il commence à paraître sur l'horizon, elle s'approche du seau, en trouble l'eau avec la main gauche, et dit ces trois mots: 'Ami rabi vohi!' Elle doit répéter neuf fois la même chose, et avoir fini lorsque le soleil paraît en entier. Alors, si elle n'a été vue par personne, ni en venant à la fontaine, ni pendant les cérémonies qu'elle y a faites, elle voit au fond du seau la figure de celui, qu'elle doit épouser. Un jeune homme, pour connaître la couleur de cheveux de celle, qui doit être sa femme, fait, la veille de S. Jean, trois fois le tour du feu de joie, prend un tison enflammé, le laisse éteindre dans sa main gauche, et le soir, avant de se coucher, le met sous le chevet de son lit, enveloppé d'une chemise qu'il a porté trois jours. Il faut que tout cela se fasse les yeux clos. Le lendemain matin, au lever du soleil, le jeune homme trouve, autour de son tison, des cheveux de la couleur que doivent avoir ceux de sa future épouse. Il est d'usage de se marier à jeun. On croit, que ceux qui y manqueraient, sans des motifs bien puissants, n'auraient que des enfants muets. Les époux ont grand soin, le jour de leur mariage, de mettre du sel dans leur poche gauche avant de se présenter à l'eglise. Ce sel empêche le nœud de l'aiguillette. La rosée de la nuit de la S. Jean guérit la gale, et le premier seau tiré d'un puits à l'instant du minuit, qui commence le jour de S. Jean, guérit de la fièvre. Près de Nogent-le-Rotrou il y a une fontaine célèbre pour sa vertu curatrice pendant toute la nuit, veille de S. Jean. Hommes et femmes entrent dans ses eaux et s'y lavent: nulle idée d'indécence ne trouble la cérémonie. Le feu de S. Jean ne brûle pas, on peut en prendre à la main les tisons enflammés. Pour se défendre de la puissance des bergers sorciers, on met du sel dans sa poche, et en passant devant le berger on dit tout bas: 'Berger sorcier, je ne te crains ni te redoute.'
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